samedi, 21 avril 2018|

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HORN : un 16e et un 17e sites Seveso ?

Le littoral dunkerquois, abonné aux entreprises à risques : 15 sites Seveso seuil haut non comprise la plus importante centrale nucléaire d’Europe, héritera-t-il bientôt de deux nouveaux sites du même type ?

C’est en tout cas l’objectif avoué d’un grand du BTP hexagonal : Eiffage qui se propose d’implanter en zone industrialo-portuaire, au nord de Loon-Plage, une double plate-forme industrielle de stockage de matières dangereuses. Et comme toujours, certains de nos grands managers, des élus, depuis toujours obnubilés sur notre sol par des visées productivistes et compétitives, recettes d’antan de moins en moins créatrices d’emplois, ont applaudi à tout rompre.

On ne va pas le nier bien sûr : les matières dangereuses, qu’elles arrivent par camions, par trains, par bateaux, non seulement sont porteuses d’un danger permanent lorsqu’elles circulent sur les voies empruntées par M. Tout le Monde, mais le demeurent lorsqu’elles restent stationnées des jours durant sur des parkings urbains, des gares de triage, des parcs à conteneurs.

Dans son approche stratégique, afin de convaincre ceux qui ne demandaient qu’à être convaincus, Eiffage a donc joué la carte de la prévention par excellence, voire de la philanthropie désintéressée. Grâce à son initiative, allait se trouver réglé un problème récurrent que nous avions d’ailleurs dénoncé : l’accueil et le stockage de toutes les formes de transports de matières dangereuses, les fameux TMD, ces Seveso roulants ou voguants en souffrance dans les zones ouvrées et habitées du Dunkerquois.

Il a fallu rapidement déchanter : lorsque le dossier de ce projet baptisé “Horn” nous est parvenu, force fut de constater que la plate-forme serait conçue (il y en a 4 prévues en France) pour accueillir tous les TMD de la zone au nord de Paris, voire de l’Europe du Nord : 75 hectares occupés, au bas mot 200 millions d’euros investis, 11 phénomènes dangereux majeurs (surpressions, effets thermiques, toxiques potentiels). Et, cerises sur le gâteau, 100 000 EVP (conteneurs) par an avec 12 liaisons maritimes par jour vers l’Angleterre et un certain nombre pour l’Europe du Nord, un flux de 5 trains par semaine, 800 poids lourds et véhicules par jour - en aller et retour. Voies ferrées, autoroutes et routes encore plus encombrées par les TMD qu’elles ne le sont actuellement. Bref, l’enfer étant pavé de bonnes intentions, notre environnement deviendrait encore plus accidentogène qu’il ne l’est présentement !

Alors bien sûr des emplois seraient créés : 450 à terme (2022 ?) promet Eiffage. Le précédent que créera le terminal méthanier quand il sera exploitable, incite à faire montre de beaucoup de défiance en la matière. Une chose est sûre : on n’a pas fini de parler de Horn dans les mois et les années à venir. Quant à nous, nous veillerons à ce que tous ensemble nous sortions de “l’hornière” ! J.S.

 
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